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Ajin "saison 1" - Tsuina Miura & Gamon Sakurai


L’œuvre combinée


Le Japon et sa population sont dans l'expectative : ils ont découvert l’existence d'êtres incapables de mourir définitivement.  Ce sont les Ajin, des demi-humains impossible à tuer; leur trépas n'est que temporaire et bref, ils se relèvent systématiquement. Une paranoïa s'installe et de grosses primes sont promises pour qui livre une de ces monstruosité de la nature. 
La famille de l'être en question en porte la responsabilité et supporte une opprobre générale. Heureusement pour le peuple nippon, seuls quelques unités sont apparues à ce jour...

Kei est un de ces étudiants lambda comme il en existe des milliers. Sans histoire, travailleur sans être un génie, une ambition à sa mesure, il a une sœur mais peu de copains. Il est assez solitaire de fait et d'esprit. 
Un jour, en traversant la rue à la sortie du lycée, il se fait méchamment renverser par un camion. Sa mort - ou de graves blessures - sont l'issue logique attendue suite à la violence du choc. Or, quelques minutes plus tard Kei se relève indemne, malgré le sang dont il est couvert... La conclusion ne se fait pas attendre : c'est un Ajin.



La panique aidant il fuit les lieux de l'accident, il sait qu'il sera pourchassé inlassablement. Même sa famille ne peut rien pour lui et il comprend très vite qu'à ses yeux, il n'est plus qu'un étranger, plus que cette chose incomprise, source de fantasme, de peur et de secrète admiration. De l'aide il va pourtant en obtenir, avec Kai, un ami d'enfance qu'il a un peu délaissé.

Ajin est un manga, puis un animé, précédé d'une excellente réputation au Japon. L'attente dans notre Hexagone était forcément assez élevée. La découverte du titre a fait peu de déçus car la qualité est au rendez-vous.

Le premier tome nous met d'entrée dans l'ambiance. Quelques scènes initiales permettent de cadrer le contexte et de cerner le caractère du protagoniste principal. Mais les auteurs ne s'attardent pas, très vite le lecteur est propulsé au cœur de l'intrigue, l'accident et la découverte de la nature de Kei survenant dans les premières planches.
Dès lors, la panique s'empare du jeune étudiant, la fuite en avant est inéluctable. Et c'est Kai qui parvient dans un premier temps à calmer son ami puis ensuite à organiser un semblant de fuite. Les premiers chapitres sont similaires à une course poursuite, à la fois contre les poursuivants mais aussi contre le temps. Le portrait du garçon est diffusé en un éclair dans tout le pays, et la récompense promise fait naître de nombreuses vocations de chasseurs de tête.

C'est donc haletant et poignant, car nous assistons à la détresse de Kei, perdu, dans une situation inique, mais également à la bravoure et le grandeur de cœur de Kai, dernièrement snobé par son pote.

Le manga ne s'axe pas uniquement sur cette seule intrigue de course poursuite corsée d'amitié. Certes, ces deux aspects sont présents, tout au moins dans les premiers tomes. Mais très vite, le gouvernement japonais entre dans le jeu, les moyens mis en place sont considérables, et la recherche de Kei vire à l'enjeu national, et donc politique  - même si cette lutte d'influence reste dans l'ombre. La chasse à l'homme se double d'une enquête solide par une unité spéciale et dédiée. Rentre alors dans la partie un duo, assez déséquilibré au premier abord. Tosaki, d'un tempérament calme, froid, calculateur semble une arme particulièrement efficace. Il est secondé par l'effacée et toute en retenue Izumi Shimomura. Nous apprendrons rapidement que l'habit ne fait pas le moine dans cette série.



D'autant que le mystère Ajin ne fait que s'épaissir. En effet, lors de sa fuite, un être vaporeux doté de la capacité de se solidifier suit notre jeune fugueur. Il ressemble à une momie un peu stylisée, douée de capacités spéciales. La curiosité du lecteur déjà bien titillée par l'immortalité des Ajin, n'en est que renforcée. L'intrigue se développe toujours plus avec divers axes, Le gouvernement n'est pas le seul à vouloir mettre la main sur Kei, un groupe d'Ajin semble fort intéressé par leur jeune compagnon. 

Au final, Tsuina Miura & Gamon Sakurai nous proposent un manga qui chasse sur les terres de Frankenstein de Mary Shelley; avec sa question centrale : qui est le monstre ? Où est l'être humain ? 

Et cette question devient encore plus pertinente quand le lecteur découvre l'étendue de la connaissance du gouvernement, des pratiques, des jeux d'influences qui tournent autour de cette composante Ajin. Le lecteur devine, puis assiste à toute la campagne de désinformation, dont sont si friandes les autorités, relative à Kei d'une part, mais ensuite à tous les Ajins. Oui, c'est très machiavélique.
L'auteur ne cherche pas faciliter, préserver ou à prendre pour des imbéciles son lectorat. Car non seulement le gouvernement manipule, joue, parie, étudie, dissèque et trompe, mais les Ajins sont loin d'être des enfants de coeur....



Nous suivons 6 personnages : Kei le principal, Kai son ami, Izumi la policière, Tosaki son chef, Kou et Satou deux autres Ajins. Une petite réserve concerne Kai qui fait figure de bon pote, mais n'est guère très développé dans cette première saison.

L'autre bémol qui empêche de le considérer comme LE manga incontournable est la tendance à recourir au Deus ex-machina un poil trop facilement, surtout quand les trames commencent à se compliquer.

Le thriller SF, policier et politique fonctionne parfaitement, le mystère est entretenu à la fois concernant les ajins et leurs capacités, mais aussi la nature de Kei semble sujette à interrogation. C'est vivant, haletant, prenant et plein d'émotion.

Le manga


A ce stade de publication par Glénat, les mangas disponibles correspondent à la saison de l'animé.

Globalement le design est parfaitement adapté au ton et à l'ambiance sombre de l'histoire. Le rendu est dynamique, l'ergonomie facilite la lecture et il est difficile de se perdre question navigation parmi les bulles.
Malgré tout, le dessin n'est pas parfait, parfois le trait est plus commun, comme moins travaillé ou précipité. Ce sont surtout les personnages qui font les frais de cette plume perfectible, avec des traits endormis ou stupides qui ne correspondent pas à la situation...(tome 4). Je le mentionne car cela peut surprendre, et le manga est de qualité au niveau de l'intrigue et des scénarii, et le degré d'exigence doit être au diapason.








Les mangas comportent en moyenne 220 à 230 pages.

L'animé

La première saison comprend 13 épisodes, elle est disponible sur Netflix. Elle suit presque à la lettre les péripéties du manga, même si quelques scènes complètent ou enrichissent soit l'histoire, soit le background des personnages ou encore le contexte.



L'image est conforme à ce qui se pratique actuellement dans l’industrie de l'animé, du 2D avec effet 3D. Ceci dit la mise en scène reste agréable et  pertinente. Les parties "action" sont très bien travaillées et fonctionnent. L'ambiance du manga est très bien restituée. Il faut dire que le son y participe grandement avec une musique adaptée aux situations, spécialement étudiée pour renforcer l'impression ou l'émotion recherchée.


Au final, Ajin saison 1 est un manga de très bon cru, sans doute pas à mes yeux la référence incontestée que véhicule sa réputation. Il reste addictif, plaisant et prenant. J'attends de voir comment les auteurs/dessinateurs parviendront à raccorder toutes les pistes ouvertes ....

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